Je n’ai ni dés ni faces
Seuls des 6 et des Pi
Dont le déni enlace
Et les Némésis épient
Les décimales qui s’effacent,
Sous la plume des harpies


***


Je ne sais pas parler mais je sais partir,
Je ne sais pas cerner mais je sais sertir,
Je ne sais pas sonner mais je sais sortir,
Je ne sais pas perpétuer mais je sais pervertir,
Je ne sais pas senser mais je sais sancir,
Je ne sais pas aimer mais je sais mourir,
Je ne sais pas ferrer mais je sais férir,
Je ne sais pas déserter mais je sais déguerpir.


***


Gin et méandres de mon white engine
Brewery and lines
Swell décalogue cryin'
Terre et joui-cendres goin'
A Cassandre, diamonds et charbons
Hands full and shadows away

Mama,
Inextricable something mine see
Que la terre dessine couchée
Sur le  vivant
My shadow à la mine
Et mes cendres au couchant
Away

Swell signing desire
Sur la forêt étrange de Cassandre,
Sun qui lentement décline
Mama, c'est étrange à défendre,
Signer pour descendre,
Sorry,

Lines et virages de mon vivant
Posés sur ta jolie machine,
Et sur ton corps absent
Absolute ruining thing and stranger eyes
Perdus sur un seul visage,
Arrested on same curbs,
Fixés sur le même couchant.

Arme et méandres de mon white engine
Des canines and your cries sometimes
Laissent mon oreille se fendre
And twin stranger eyes playin'


***


Un gitan, un seul, au comptoir
Comme peint au noir acide
Par qui frappe et qui décide
Son chapeau, lassé des victoires
Aux grandes ailes détrempées
Emprunte aux flots, aux mers exquises
Des lampées d’eau salée, la vue
D’une nageoire qu’on excise
Les rues, éteintes, où ramper.


***


Cadenas de pus
Aux revers épris
Aux envers rendus
Aux faces écrues et
Aux yeux usés
Dus et sacrifiés
Las et morts
De ce dû qui,
Tû et sans peine,
Mord et tue.


***


Fenêtre de sang
Les gonds s'écartent
Le bois gonflé attend
Le rouge continent
Dessine sur la carte
Sa côte étrange


***


Je suis à Bordeaux, il pleut, les gens sont tristes et sérieux comme de malencontreux bourgeois.

Je marche lentement, comme si je marchais depuis et pour des années encore. A chaque pas, tu apparais derrière moi, et tu me parcours l’échine, comme un frisson ou un fou rire.

J’imagine que chaque pas est une minute, et qu’au bout de ce quai, je te verrai.


***


Encore une goutte de ce breuvage
Aux délices des lendemains de pluie
A l’eau boueuse des vertiges
Où l’on se regarde boire
Et tomber
Mort.
Un permis de fruit pendu
Des lendemains qui se taisent
Les hélices au plafond éteintes
Au dessus d’une table vide
Où un dessert défendu
Etouffe sur sa chaise.


***


Sur le port, un petit pêcheur vend des éponges
A des passants. Il les vend du sud à mon regard
Et les éponges, gorgées du mal qui me ronge
Se teignent de noir.


***


Loin de ces vies la chaussée humide
Où les feuilles s’effondrent et s’abattent sur nos gueules comme
Les gouttes de plomb des prophéties
Et creusent des rigoles entre nos êtres et nous séparent.
Où nos pieds nus s’imbibent du sang des bottes
Des autres
Empreintes de semelle à franchir
Sous nos yeux sans sommeil
Pleins des rosiers d’acier qui poussent aux fenêtres
Epines fières sans fleur


***


L’ex-monde, il me tient dans sa mine grise.
Je me souviens, moi, de cet endroit.
Un soir d’adieu, je partais encore
Savais-je alors que je perdrais mon chemin !
Au soir, je suis là, carrefour des ventres vides où plus rien ne se passe, où l’on déambule où plus rien n’existe.
Alors je préfère jouer aux dés avec mon voleur d’oranges.
Il s’ennuie, ce n’est plus la saison des oranges, alors on discute et on rit. On discute exil, celui qui nous tient tous deux dans sa main et qui nous engraisse. On se rappelle la voix qui remplissait nos ventres, la seule voix qui parvienne à m’émouvoir.
La voix qui souffle l’eau sur les rochers.
La voix qui danse comme une flamme devant mes yeux, la voix qui s’apaise, rassasiée, et vient faire frissonner les galets, la voix des orages chauds, la voix qui remplit mon ventre
Celle d’un feuillage que le vent caresse pendant la sieste, d’une orange qui tombe, d’un chien qui nous poursuit, pendant qu’on s’enfuit pieds nus dans les chemins remplis de cailloux et qu’on rigole. J’évite de marcher sur le chaud, alors on rejoint la jetée et on souffle à l’ombre, de l’eau sur les rochers ou des gitanes à la voix pure.
Ces couleurs ocres qui me cherchent encore. C’est un peu cette voix-là.
La terre se fend des rires qu’elle m’inspire.


***


Le cri d’un violon s’éteint sur ma chaise ou était-ce un rire retombé subitement, comme honteux de s’être levé, qui se rassied en sifflant ? Personne ne sait. 
Pour préserver son petit secret, il s’enveloppe de silence, alors je le regarde pour le surprendre pendant deux ou trois heures, je le regarde se perdre et je finis par lui demander : « Tu es le cri d’un violon ou un éclat de rire ? »


***


Tu dis verge, tétrabileuse
Quatre coeurs sans tête
Tétra-hydre éthylée
On aime avant avec tout soi.
Tu dis certes, reproche de n’être pas sûre
Tétra-verte, le doute transverse
Tétra-vive, face de miel à l’amure
Quatre poches à la barre
Quand ton art mure
Menace en sel, qu’il y ait du jeu !
Et tu te fis sûre.

J’ai apporté un double-six
Acriminel, agresseur de quatre coins,
Où sont planqués les missels ?
Je vois… je vois une cuvette de marque
Dans les entrailles du coq
Tétra-huida, cendre éthylique, aux quatre vents.
Tu dis gère, le dé, la rive
Tétra-lest de flammes peintes en bleu,
Sur un singe de méthylène
Ballast de pions d’argile
Vigiles tétravilis.
Dame.

Je pose mon énigme au Sphinx,
Tétrapodal sunrise,
Freine des quatre fers en l’air, dit-il,
I knew it.
Quatre points révérends ordinaires d’un homme.
Je me démagnétise et entre en résonance
Avec une infinité de copies d’écrans.
Je détraque ce qui se tend,
Je n’ai ni matin, ni soir.
Qui sommes-nous ? dis-je.

Vous êtes le contraire de la douleur, répond-il.
Vous êtes les temps
Etroits et cassants
Tétra-calibre, avant qu’il ait dit vous
Je l’abats de quatre coups secs
Et retourne sous le portique de sécurité
Comme le sunset
Avec un billet en fer
Pour un endroit.


***


***


Les textes présents sur ce site ne sont pas libres de droits et appartiennent à leur auteur, au titre de la propriété intellectuelle et des droits voisins.